A la une, Stories

Wwoofing dans le bush du Queensland

19 août 2015

Nous voilà en plein Queensland, au milieu des routes désertes. Les paysages s’étendent sur des kilomètres autour de nous. C’est un temps plutôt clément pour un hiver. La saison sèche a débuté : un ciel sans nuages, un soleil irradiant, une lumière blanche, des terres beiges et rouges et des herbes hautes satinées. Plusieurs moulins à vents de 15 mètres dominent les plaines et les troupeaux passent leur temps à regarder le seul véhicule qui passe, le nôtre.
Au détour d’une route, nous croisons un panneau en bois « The Gleneden Bullock Team » indiquant l’entrée de la ferme. Un homme nous attend au bout du long chemin de terre où nous apercevons déjà la maison. Un bel homme, Rohan Morris, 35 ans, nous indique où nous garer avant de nous saluer chaleureusement. En descendant du van, Rohan nous propose d’aller visiter sa ferme. C’est là que commence notre histoire.

yondertrip_photos_gleneden_farm

Des cochons, en saucisses de Toulouse

Après s’être glissés entre une clôture de fils barbelés, nous parvenions aux enclos à cochons. L’un renfermait des cochons adultes et l’autre leurs progénitures. Nous les avions nourri chaque matin à 7h et chaque soir à 17h. En plus de vérifier les arrivées d’eau et la batterie des clôtures, nous déplacions les enclos tous les deux à trois jours, comme le reste des animaux, afin de respecter des principes de permaculture. Après chaque passage, les cochons laissaient derrière eux boue, trous et plus un seul brin d’herbe.

Et puis une recette de saucisses de Toulouse collectée et un cochon en moins plus tard, nous nous mettions en cuisine. Trois heures de préparation pour obtenir 10kg de saucisses longues et bien fines comme à la maison. D’abord goutées seules, nous leur avions ensuite concocté le plat traditionnel toulousain avec lentilles, carottes et oignons. Un souvenir de France agréablement apprécié !

Cochons à Gleneden

Des chèvres et des moutons, du cute à revendre

C’est quelques centaines de mètres plus loin que nous pouvions apercevoir les peluches de laine.
Avec cette saison sèche, c’était presque chaque jour que les moutons et les chèvres s’échappaient de leur enclos à la recherche d’herbe plus verte ailleurs. L’astuce consistait à les appâter avec quelques cailloux dans un seau à gigoter devant leur nez et les mener ainsi jusqu’à l’enclos. Ne vous y trompez pas, ces animaux là peuvent être très malins car au bout d’une semaine, ils ne croyaient plus à ce petit jeu. Nous nous sommes donc inventé bergers pour rabattre le petit troupeau en compagnie du Border collie de la ferme.

Et puis une petite déception essuyée pour une récompense bien méritée : pas de fromage de chèvre par ces temps d’hiver mais cinq naissances d’agneau durant notre séjour.

Agneau, lambMoutons, Sheep

Des Bullocks, les strong friends de Rohan

Bien plus loin encore, nous trouvions les immenses boeufs de Rohan nommés « bullocks ». Au départ impressionnants puis ensuite amicaux, nous nous étions beaucoup attachés à eux. Il faut dire qu’à chaque fois c’était un plaisir d’aller se balader dans le bush australien en assistant les bêtes harnachées pour aller récupérer du bois.
« Bullocky » depuis l’âge de 15 ans, Rohan est l’un des rares dresseurs de boeufs d’Australie. Il présente ses savoir-faire lors de shows qu’il organise à la ferme. Atelier de « blacksmithing »  (le travail du fer) et démonstration de fabrication des harnais composés de bois et de fer, introduisent l’événement. Rohan attache ensuite ses huit bullocks en rangs de deux, enchaînés les uns derrière les autres. A l’aide d’un long fouet et en les appelant par leurs prénoms respectifs, il les dirige, adapte leur vitesse et les fait reculer. Ces sessions étaient toujours suivies d’un « morning tea » où nous préparions le pain cuit au feu de bois et rencontrions des australiens toujours très avenants et curieux de connaître nos origines et la suite de notre voyage.

BullocksBlackSmithing

Des poules, des omelettes et des poussins

Ouvrir aux poules fût la priorité des matins. Arrivés à 7h devant la vieille caravane orange, autrement dit un poulailler roulant, les poules se jetaient comme des brutes dans la nature dès que nous entrouvrions la porte. Avant d’aller se perdre dans les champs, elles s’agglutinaient autour de nous pour attraper les grains. Chaque soir, à la tombée du jour lorsque le soleil s’en allait derrière les montagnes, nous partions récolter les oeufs, une trentaine environ, et fermions la porte du poulailler afin de laisser les poules endormies à l’abri des renards. Parfois, les plus aventureuses se cachaient sous la caravane. Rohan nous avait appris à les attraper par les pattes et à les poser sur leur perchoir dans le poulailler. Une mission plus facile qu’on ne le croit, car lorsque le jour tombe, les poules sont comme endormies.
Lorsque que nous rentrions à la maison après ça, nous nettoyions chaque oeuf et les emballions dans des boîtes cartonnées traditionnelles pour les mettre à la vente. Les plus extravagants (minuscules, cabossés ou légèrement cassés) nous étaient destinés. Nous pouvions en manger à volonté et croyez-nous ils étaient délicieux !

Nous nous occupions également de quatre autres variétés de poules, plus belles les unes que les autres et aux coqs les plus impressionnants. Nous récoltions certains oeufs pour les mettre en couveuse et espérer des naissances. 21 jours après, sept poussins ont éclos, un joli cadeau avant notre départ. C’est le deuxième jour qu’ils ont rejoint un petit poulailler en bois préparé par nos soins sous une lampe chauffante.

yondertrip_photos_gleneden_poulesyondertrip_photos_gleneden_coq

Des vaches, du fromage comme au paradis

S’occuper des vaches étaient l’une de notre occupation favorite.
Au petit matin après le levé de soleil, nous partions chercher les vaches laitières dans leur champs à plusieurs centaines de mètres de la maison pour les mener jusqu’à l’étable où les trois veaux passaient la nuit dans un enclos sur un bon lit de paille. Ce système permettait de traire les vaches le matin et ainsi récolter une bonne quantité de lait, non ingurgitée par les veaux durant la nuit.
Traire est un exercice qui pourrait paraître reposant et qui pourtant sollicite les mêmes muscles de l’avant bras à une cadence constante, pendant une dizaine de minutes. Quelques jours nous ont été nécessaires pour couvrir les petites courbatures…
Un petit peu de gel d’aloe vera fraîchement cueillie passé sur leur mamelle pour leur assurer une parfaite hydratation, puis nous voilà partis en cuisine pour filtrer les 4 litres de lait ainsi recueillis. Des bouteilles de verre stérilisées, un entonnoir et une maille fine suffisent au processus.
Nous ramenions les vaches cette fois avec leurs veaus jusqu’au champs et allions les récupérer seulement le soir pour mettre les petits dans l’enclos et donner de la paille à tout ce petit monde. Un parfait moment d’évasion lorsque nous marchions tout près d’elles à une allure lente et reposante dans ce si beau décor de nature australienne.

Tout ce lait nous permettait de faire du yaourt, du bon porridge, des boissons chaudes à volonté et… du camembert ! Quelques longs jours de préparation et trois semaines de patience pour obtenir un fromage crémeux à souhait. Quelques tranches sur un pain maison encore tiède sortant du poêle ont eu raison d’Aurélie.

yondertrip_photos_gleneden_vaches_veauyondertrip_photos_gleneden_vaches

Les animaux, comme dans un décors de film

Nous n’avons pas eu la seule chance de profiter des animaux de la ferme mais celle aussi de travailler autour d’animaux sauvages incroyables. Des wallabies que nous surprenions au coucher du soleil en allant chercher les vaches, le chant des perruches roses, vertes et jaunes avec celui des kookaburras à notre réveil, le son aérien d’un vol de canards et des pélicans qui amerrissaient sur le lac. Nous avons également croisé la route de cacatoès blancs et noirs, d’aigles, d’opossums et de martins-pêcheurs.
Plus domestiques, nous adorions la compagnie des deux chevaux, des deux chats jumeaux et des deux chiens Poppy et Lucy qui nous offraient toujours leurs compagnies lors des heures de travail.

yondertrip_photos_gleneden_kangourous

Et dans la maison

Passer du temps dans une ferme, c’était comme un rêve d’enfant pour nous. Chez Gleneden Farm, nous avons trouvé tout ce que nous recherchions : vivre au sein d’une famille australienne, en compagnie d’un jeune couple, s’occuper d’animaux, assister à des naissances, planter des graines dans le potager, cuisiner des aliments produits sur place, parler de musique, d’art et de cinéma, réparer et construire toute sorte de choses… Nous avons peut-être appris plus ici qu’en France auparavant ! Faire du fromage, du yaourt, des pâtes, du pain, apprendre à coudre, à tisser des bracelets en cuire de kangourou, devenir simplement plus manuels et dégourdis. Pendant nos derniers jours, nous avons eu le plaisir de restaurer un four à pizza en terre crue, avec la boue et la paille du jardin, pétrie avec nos pieds !
Rohan et Fiona nous considéraient comme faisant parti de la famille. Nous partagions ensemble des pique-niques dans la campagne, des barbecues ainsi qu’une session de pêche et de boulingrin (jeu de boules anglais).
Nous avons profité de vivre ces dernières semaines dans une grande et confortable maison, un luxe apprécié après la vie en van.
En d’autres mots, nous avons vécu dans un petit bout de paradis pendants ces 8 semaines.

Thank you Rohan & Fiona!

yondertrip_photos_gleneden_conclusion

Articles en relation

5 Comments

  • Reply flo 20 août 2015 at 6 h 22 min

    pô pô pô … t’envoie du rêve là … très belles photos Clap Clap !

  • Reply Capitaine Rémi 20 août 2015 at 7 h 40 min

    Vos vidéos, vos photos, votre récit, tout ça me donne bien envie de tenter l’expérience du Wwoofing ! Si jamais je retourne en Australie, c’est sur, je le ferais !
    On dirait que vous êtes tombés sur un petit coin de paradis.
    Enjoy !

    • Reply YonderTrip 24 août 2015 at 6 h 37 min

      C’est vrai que nous sommes en Australie depuis peu et les expériences « wwoofing » restent les plus exceptionnelles. Nous pouvons donc que recommander le HelpX et le Wwoofing. C’est sûr que tu trouveras ton bonheur (tu peux même en faire en France !).

  • Reply sandractz 21 août 2015 at 18 h 39 min

    Super expérience! nous partons également en couple le 4 novembre direction Melbourne. J’espère que l’on connaitra des expériences similaires! ça devait être vraiment top! je continuerai à suivre votre blog ;)

    • Reply YonderTrip 24 août 2015 at 6 h 31 min

      Merci Sandra, si vous avez des questions sur la préparation de votre voyage, n’hésitez pas !
      Bonne continuation

    Leave a Reply