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VIDEO : Faire du helpX dans une forêt tropicale

9 juin 2015

Mercredi 29 avril 2015, nous conduisons pour la toute première fois en Australie. L’acquisition d’un van nommé Hubert nous offre le plaisir de pouvoir partir en roadtrip en toute liberté.
Conduite à gauche, boîte manuelle, volant à droite et quelques autres repères plus tard, nous parcourons plus de 1000 km sous une pluie torrentielle. Même sous un déluge certain, nous contemplons les hectares de dunes de sable qui s’étirent à l’horizon vers Port Stephens, les kangourous vagabondants sur une plage cernée de jungle à Little Bay Beach, des villages paisibles aux belles maisons de bois et l’hôpital des koalas de Port Macquarie.
Nous dormons bien dans notre van, même si la pluie et le coucher de soleil à 17h30 nous prennent un peu de court. C’est avec l’application Wikicamps que nous dénichons nos emplacements pour la nuit.

Anna Bay

Anna Bay


L’hôpital des Koalas à Port Macquarie

L’hôpital des Koalas à Port Macquarie

Deux jours plus tard, nous atteignons la propriété de Christophe, un français habitant à Uki dans le New South Wales, pour une expérience HelpX. Une arrivée « de justesse » dirons nous, avant que la rivière ne passe au-dessus du pont avant la maison. Christophe ne pensait pas nous voir ce soir, les inondations de la région font la Une des journaux. Frayeur quand tu nous tient, la prochaine fois nous prévoirons un plan B si le climat se déchaîne à nouveau !

La vie chez Christophe c’est prendre son café sur la terrasse en bois devant la rivière où séjourne l’ornithorynque, travailler en plein air au milieu des montagnes et ruisseaux, faire la sieste dans un hamac au milieu des palmiers, apprendre à faire un feu de cheminée parfait, prendre sa douche et suivre du regard par la baie vitrée les oiseaux multicolores se perdre dans la jungle. Charpentier et ébéniste de métier, notre hôte nous dit avoir construit la casi totalité de sa maison lui-même et être le plus heureux des hommes au sein de cette nature.
Une chienne « Marmotte », trois poules, deux cochons d’Inde, deux chats et un gros lapin blanc ont chacun leur place et vivent en parfaite harmonie. Les chats et la chienne dorment avec Christophe. La poule rentre dans la maison pour voler les croquettes du chat qui s’en va et pondre un oeuf derrière la télé ou dans la machine à laver. Le lapin est un survivant qui dort dans la nature, par tout temps, et qui vient manger les graines des poules tous les matins. Marmotte, la chienne, mange les mêmes croquettes que les chats, qui cette fois persévèrent.

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Et puis il y a d’autres animaux qui plaisent beaucoup moins à Aurélie mais qui excitent tant Romain. Les araignées bien entendu, presque de la taille d’une main. Des « Huntsman » de couleur chocolat, légèrement poilues comme on les aime, mais qui ne piquent pas. Elles raffolent s’installer sur le mur près du lit avant le coucher. Des sangsues, les premiers jours où nous étions là après les inondations, qui grimpent sur votre mollet après vous être baladés dans les hautes herbes. Les fourmis rouges de la taille d’une longue phalange qui vous piquent même à travers le pantalon et qui vous souhaitent bon courage pour les cinq minutes à venir. Les serpents évidemment, des pythons qui bouffent des bêtes aussi grosses que des wallabies. Des tics, qui peuvent vous rendre malade à crever ou bien des puces, pour les plus chanceux.
Nous disions à Christophe « On pense qu’on ne pourrait jamais vivre au milieu de ces bêtes en pleine nature tropicale ». Il nous avait répondu « Vous verrez, on s’y habitue ». Nous pensions le contraire. Et pourtant, nous avons passé plusieurs semaines dans cette belle maison de bois au milieu des animaux et nous nous sommes très bien habitués. Une sangsue sur mon pied (« beeerk »), bon voila c’est fait. Une fourmi rouge qui pique en jardinant (« aaaaaïe »), ah ben je survie. L’énorme araignée Huntsman dans la chambre aperçue juste avant de dormir, tant pis on lui dira « bonne nuit » chaque soir.

Les journées sont vraiment agréables. Levés à 6h30 au lever du soleil, c’est tout un rituel qui commence. Ouvrir aux poules et donner des grains sans oublier le lapin, nourrir et remplir le biberon d’eau des cochons d’Inde, donner des croquettes aux chats et à la chienne, voir si l’œuf du jour à été pondu, préparer le café, se brosser les dents en cherchant l’ornithorynque dans la rivière. Et c’est parti pour quelques heures de travail.
Christophe a besoin d’aide pour entretenir sa propriété de plusieurs hectares. Nous débroussaillons le terrain et organisons des feus pour brûler les herbes coupées (c’est à ce moment là que le drame de la fourmi rouge est arrivé !).
C’est dans l’atelier que nous poursuivons notre mission, celle d’assister Christophe à la création d’une fenêtre à trois battants de plus de trois mètres. Apprendre à connaître le bois au toucher, dessiner des angles parfaits pour les futurs verres, arrondir les arrêtes presque tranchantes et poncer chaque face. Ce fût la découverte pour nous d’un beau métier, celui de faire d’un arbre une œuvre domestique.
Nous avons également participé à la rénovation d’une charpente sur un chantier près de Murwillumbah. Deux jours pour retirer toute une toiture et deux semaines pour remplacer les poutres usées par les termites. Nous voulions devenir plus dégourdis, notre apprentissage du bricolage commence à se faire sentir ! Générateur, compresseur, pistolet à clous, marteau, pied de biche, perceuse, scie électrique ont fait partis de notre quotidien.

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Nous avons profité de nos temps libres pour visiter les alentours.  Après trois heures d’ascension dans la jungle nous arrivons au sommet de Mount Warning avec une vue à 360° sur les montagnes et la mer. C’est à cet endroit précis que nous pouvons admirer le matin, le tout premier rayon de soleil de toute la côte Est. Et comme dans les reportages animaliers, nous avons assisté à la dégustation d’une buse par un python, qui a notre retour, rampait sur le sol avec un corps disproportionné, en pleine digestion. Une visite du village le plus proche de Uki et son marché aux pies, falafels, cheesecakes et chaï tea délicieux, un passage à Tumbulgum, un quartier historique, et une balade au parc national de Mebbin. Nous n’avons également point manqué le festival « MardiGrass » à Nimbin, une ville hippie, qui vise a promouvoir les vertus médicinales du canabis ! Une occasion parfaite pour assister à un petit défilé de flic en cage et d’un joint géant gonflable, le tout accompagné de l’odeur de cette fameuse herbe !
Au delà des visites, nous avons profité des savoir-faire de Christophe pour consolider le lit et le meuble cuisine de notre cher van Hubert. Plus besoin de cales, les meubles sont à présent solides, pratiques et plutôt bien finis.
Nous séjournons dans une très belle région de campagne. Nous conduisons sur des routes où les fermes offrent les plus beaux champs et pâturages et permettent aux wallabies de venir se sécher sur les herbes basses. Le paysage change aux détours des chemins et devient tropical, un climat plus humide et verdoyant.

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Mount Warning

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La vie chez Christophe c’est donc une expérience marquante. Une rencontre avec un homme sensible à la nature et aux valeurs humaines. Un apprentissage de différents savoir-faire. Des habitudes écologiques. Une belles aventure qui nous l’espérons sera le début de beaucoup d’autres. Une expérience qui s’est déroulée à toute vitesse qui laissera une trace dans notre âme.

A bientôt et merci Christophe :)

POINT PRATIQUE

Acheter un véhicule

Nous avons trouvé notre van grâce au groupe Facebook « Backpackercars ». Il faudrait soit disant fuir les backpackers et surtout les français. Nous avons acheté notre véhicule à des backpackers et à des français !! Nos choix se sont portés sur un 4X4 ou sur un van. Nous avons tellement eu du mal à trouver un véhicule décent (nous en avons vu 4) que peut-importe un 4X4 ou un van, nous prendrons le véhicule le plus fiable. Nous avons choisi notre van Hubert car il recensait tous nos souhaits : van propre et sans rouille, marque Toyota (les leaders, pièces changeables facilement en garages ou casses automobiles et peu onéreuses, fiable, recommandé par plusieurs garagistes rencontrés), moins de 250 000 km (oui c’est beaucoup mais toujours peu par rapport aux véhicules d’occasion aménagés vendus ici), aménagé donc, avec une rego de l’état dans lequel nous nous trouvions (expliqué ci-dessous), un pare-buffle (il y en a un devant et un derrière) et une barre sur le toit. Tout s’est très bien déroulé car nous avons bien contrôlé le véhicule avant l’achat. Nous ne sommes pas mécaniciens donc nous avons fait une petite check list des points à vérifier. Nous nous sommes inspirés de plusieurs sites ainsi que de cette vidéo. Nous avons ensuite fait un contrôle par un garagiste pour nous assurer de la bonne qualité du van, ce qui nous a coûté 99$ à Bondi (si vous pouvez vous rendre en campagne c’est peut-être mieux).
La question de la rego… Quelque chose de bien compliqué lorsque l’on est nouveau en la matière ! Nous avons tenté de résumer notre expérience, accrochez-vous, ces infos peuvent vous servir ! La rego c’est la « registration » de votre véhicule c’est-à-dire l’ancienne vignette française. Elle est différente selon les états du pays. Quand vous achetez un véhicule vous devrez effectuer un « transfert de rego » pour mettre la voiture à votre nom, puis un « renouvellement de rego » lorsque celle-ci arrivera à terme. Un conseil : renseignez-vous bien sur la rego dans l’état où vous vous situez. C’est pénible, surtout lorsque l’on ne parle pas anglais. Mais ne vous fiez pas vraiment aux commentaires sur internet, allez directement à la source sur les sites ou en agence. Notre résumé en un point : achetez un véhicule où la rego est celle de l’état dans lequel vous vous trouvez. Envoyer un transfert de rego par courrier est apparemment risqué. Vous pourriez vous compliquer grandement la tâche. Nous avons acheté un véhicule à Sydney et immatriculé dans le NSW. Il restait 3 mois de rego. Les vendeurs nous avaient dit 1 an. Ils s’étaient trompés (en fait ils ne comprenaient pas grand chose) ils n’avaient acheté que 6 mois de rego. Un papier indiquait pourtant une rego d’un an mais nous nous sommes rendus dans une agence RTA et sur le site internet www.myrta.com pour nous assurer de la bonne date de fin.

Pour renouveler sa rego il faut rester dans l’état NSW car le contrôle technique appelé « Pink slip » ou « e-safety check » (c’est la même chose) est obligatoire. De plus, notez que l’on peut renouveler la rego 3 mois minimum avant la date d’expiration (ce qui peut être contraignant). Il n’est pas possible d’effectuer le contrôle chez un garagiste dans un autre état que le NSW (bien que notre vendeur nous disait le contraire). Pour renouveler sa rego dans le NSW il vous faut aller dans une agence RTA et présenter un passeport, une carte bancaire, un permis de conduire, un justificatif de domicile en Australie, un relevé bancaire ou autre document de banque mentionnant l’adresse en Australie, le nom et le numéro de compte et enfin le papier d’achat du véhicule PART B Registration Transfer Details signé et complété par les deux partis (l’acheteur doit envoyer la PART A pour céder le véhicule), tout cela pour un coût de 91$.

Le coût de la Pink slip est de 47,50$. Une fois validée par le garagiste, il faut prendre une assurance équivalent au « tiers » obligatoire, chez l’assureur de votre choix nommée Compulsory third party insurance. Après un comparatif sur le net, nous avons choisi AAMI. Nous avons également souscrit à une assurance tout risque appelée Comprehensive Car Insurance chez ce même assureur et le tout en ligne. Pour ne pas avoir une note trop importante, nous avons demandé à notre hôte Christophe si nous pouvions mettre son adresse car le coût baissait de presque 50% par rapport à notre adresse au centre ville de Sydney. Nous pouvons à présent renouveler notre rego en ligne sur www.myrta.com. Pour finir et en bonus, nous avons souscrit à une assurance dépannage chez NRMA pour moins de 180$/l’année. Vu le prix il ne faut pas s’en priver ! Un dépannage de quelques dizaines de mètres coûte 200$, alors imaginez dans le désert ! Depuis, nous nous occupons bien d’Hubert. Une vidange était prévue à 22 000km et nous l’avons fait dans les temps. Nous vérifions les liquides et la pression des pneus tous les 1 000km. Bonne route !

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