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Notre premier wwoofing avec Earthways

22 avril 2015

La nuit est tombée. Après une heure de route sur les chemins de terres, nous entrons dans l’allée longue et bordée de fougères. Derrière des barrières en bois deux chiens aboient au pied d’un moulin à vent. La voie lactée nous éclaire, nous rentrons dans la maison.
Ça sent le beurre et les fruits. Le sol est en terre cuite, les escaliers en pierre, la pendule indique 19h. Quelques plats de légumes fumants nous attendent sur la table. Un dîner fait maison, non surprenant vu le décors. Des galettes de lentilles, une salade de champignons, une soupe de petit pois et du pain aux céréales.
La douche est sommaire, le lit est haut et douillet, une moustiquaire descendue du toit nous protège. On entend la charpente craquer et les grillons dehors.

Le jour s’est levé, il est 7h. Le soleil passe entre les rideaux, nous ouvrons la porte : nous voilà enfin dans notre première ferme !

Rendez-vous en terre inconnue

Nos hôtes sont charmants. La maison se trouve au milieu d’une propriété d’une centaine d’hectares de bush au climat tempéré, quelque peu similaire à nos forêts. C’est lorsque nous croisons des wallabies, wombats, Red-bellied black snake (serpent venimeux, oui oui) cacatoès et perroquets multicolores dans un décors de roches ocres, que nous prenons conscience de notre présence dans ce pays aborigène, à l’autre bout du monde.

Le Red-bellied black snake

Le Red-bellied black snake

Brian, ancien architecte et Sally, maraîchère bio, ont construit leur maison eux mêmes. Un potager, un poulailler, des récupérateurs d’eau de pluie, des panneaux solaires et des toilettes sèches permettent à la famille d’être auto-suffisant. Chaque utilisation d’énergie, surtout l’eau, est donc à considérer.
Il y a quelques années, la famille s’est concentrée sur l’achat de ruches dans le but de produire leur propre miel et de le vendre.
Les murs de la maison sont en « mudbricks », une terre crue. Ecologique et durable, ce matériau est devenu la spécialité de Brian. Il enseigne encore aujourd’hui ce procédé par le biais de workshops. Ce type de construction permet de conserver une température agréable dans la maison, par temps chauds et froids.

Brian est très pédagogue. Il est parvenu à réaliser son mode de vie idéal en auto-suffisance, loin de la pollution et des pesticides du monde moderne. Il ne dépend de personne, sauf de lui.
L’état Australien considère la famille comme étant « pauvre ». Pourtant leur dépenses sont minimes et ils ne manquent de rien…

La maison au lever du soleil

La maison au lever du soleil

Le quotidien dans une ferme Australienne

Notre chambre se situe dans une petite maisonnette près de la maison principale. Nos journées sont occupées mais non surchargées. Nous partageons tous les repas avec nos hôtes et sommes intégrés dans la famille pour notre plus grand plaisir. Les plats sont végétariens mais Sally excelle en cuisine. Nous mangeons tous les jours des légumes variés et nous faisons le plein de vitamines. La famille nous fait découvrir une boisson excellente (bien sur faite maison) nommée Kefei excellente pour la santé.

Après nos petites corvées du matin, vaisselle (beaucoup trop ! ) et découpe de fruits pour les prochains petit-déjeuners, nous nous occupons du potager, ou tondons la pelouse, nous ramassons des fruits, nous prenons la voiture pour nous rendre à l’autre bout de la propriété et jouons aux bûcherons, et le plus captivant… nous travaillons avec les abeilles.

Bee Work, notre tâche préférée

Aussitôt nos habits de cosmonautes enfilés, nous voilà entourés de plusieurs centaines d’abeilles. Nous avons des gants, mais ce n’est pas le cas de Brian qui se fiche de se faire piquer quelques fois. Alors que pour lui ce n’est rien, pour nous c’est L’ÉVÉNEMENT quand Romain se fait piquer par une abeille qui s’est habilement glissée sous sa chemise.

Les ruches sont constituées de boîtes rectangulaires en bois pouvant se superposer pour créer des étages. Dans chacune d’entre elles, se trouvent des « frame », sortes de cadres en bois mobiles. C’est à partir de cette simple structure que les abeilles construisent méticuleusement des cellules hexagonales dans les 9 ou 10 cadres que comportent une ruche.

S’occuper des ruches, c’est un peu comme jouer aux échecs : il faut chercher la « Queen » ainsi que des oeufs, signes de bonne santé de l’essaim. Puis il faut aussi retenir approximativement le pourcentage de pollen, de cire et de miel dans chaque frame. Cette méthode permet de pouvoir échanger les cadres mobiles avec d’autres ruches pour trouver le bon équilibre.
Le plus impressionnant, à part évidemment la dextérité avec laquelle Brian manie les frames, était de le voir marquer la queen : vous repérez la plus grande et la plus fine abeille de la ruche, vous la prenez entre l’index et le pouce son dos face à vos yeux, vous prenez un Posca blanc de l’autre main et faites un gros point sur son dos ! Tadaaaam la voilà facilement repérable pour les prochaines visites.

Gros plan sur une frame

Gros plan sur une frame

Nous avons passé une excellente semaine au sein de la propriété de Brian et Sally. Nous avons découvert un mode de vie durable et des personnes très intéressantes. Nous piochons dans nos discutions des idées et savoir-faire pour notre futur logement. Nous échangeons aussi sur des sujets variés comme la santé, l’industrie alimentaire, le réchauffement planétaire, la politique, etc. Ils nous confient leur opinion, des idées bien loin de ce que l’on peut voir et entendre dans les journaux et émissions télévisées.

Nous avons également aidé Brian et Sally à créer leur site internet, un échange de bons procédés. Ils peuvent désormais avoir une vitrine de leur propriété et rendre plus facile la vente de miel.

Ces quelques jours ont été plaisants et suffisants. Nous rejoignons Sydney juste avant la tempête. Nous en profiterons pour chercher de nouveau un véhicule avant de repartir dans notre prochaine expérience HelpX…

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